Shinrin-Yoku : L’art du bain de forêt et de la reconnexion à la nature

Ce matin, le soleil levant est digne d’une belle journéee d’automne. Le café à la main, alors que j’observe par la fenêtre la cime des arbres et les oiseaux en quête de nourriture, l’idée me vient de partager un concept japonais destiné à la reconnexion à la nature. Connaissiez-vous le Shirin-Yoku (森林浴) qui se traduit littéralement par l’immersion dans l’atmosphère de la forêt ? Loin d’être une simple promenade sportive, il s’agit d’une véritable pratique d’attention pleine et consciente.

Ce principe prend racine en 1982 au Japon sous l’impulsion de Monsieur Tomohide Akiyama, alors Ministre de l’agriculture, des forêts et de la pêche. Dans ces années 80, le pays connait une croissance économique exponentielle et avec elle, une augmentation du stress chez les travailleurs urbains japonais. Epuisés physiquement et mentalement, beaucoup d’entre eux choisissent de quitter la ville pour la campagne. Avec le Shinrin-Yoku, il est décidé d’offrir aux citoyens une méthode naturelle pour réduire le stress tout en améliorant la santé publique, mais aussi de valoriser et protéger les forêts nationales japonaises.

Fort de son succès, cette pratique s’est rapidement développée grâce aux recherches scientifiques pionnières du Docteur Qing Li, médecin de l’Université de médecine de Tokyo. Ses études ont pu démontrer biologiquement les effets bienfaisants des arbres et de la nature sur le corps humain.

Le Shinrin-Yoku repose sur trois piliers majeurs :

Le premier, l’éveil des cinq sens :

La vue : Contempler la lumière filtrée à travers les feuilles des arbres, observer les nuances du paysage et les différentes formes que peut prendre de la nature.

L’ouïe : Écouter le murmure du vent dans les branches, le chant des oiseaux et le craquement des feuilles sous les pas. Se laisser bercer par l’écoulement de l’eau des rivères.

L’odorat : Respirer les odeurs de terre humide, de mousse et des substances volatiles libérées par les arbres.

Le toucher : Caresser l’écorce d’un arbre, ressentir la fraîcheur de la mousse ou la texture d’une feuille ou d’une fleur.

Le goût : Savourer l’air frais ou déguster une tisane aux plantes ou aux fruits à la fin de la séance.

Le second, la lenteur et la présence.

Pour pouvoir ressentir les choses et les observer, il est important de marcher sans but précis, très lentement, en laissant de côté toute notion de performance ou de distance à parcourir. Il ne s’agit pas de pratiquer un sport, mais de flaner.

Le troisème, la déconnexion numérique.

Et oui, pas des moindres dans notre société actuelle. Et pourtant, le droit à la déconnexion ! Éteindre ou éloigner son téléphone pour profiter pleinement de l’instant présent. Il n’est pas possible de profiter de ce qui nous entoure si notre intention est focaliser sur le message ou l’appel imminent.

Mais quels sont les bienfaits de ce principe ?

Même si ce concept semble basique, ses bienfaits sont multiples et non négligeables :

Réduction du stress et de l’anxiété : Le Shinrin-Yoku s’accompage d’une baisse significative du taux de cortisol (l’hormone du stress) et de la pression artérielle.

Amélioration du sommeil et de l’humeur : Cette pratique provoque une augmentation de la sérotonine et une amélioration globale de la qualité du sommeil. Le sommeil est meilleur et réparateur.

Amélioration de la concentration et de la créativité : S’ouvrir à la nature engendre une diminution de la fatigue mentale et recharge notre capacité d’attention. Surtout qu’aujourd’hui, la surexposition aux écrans engendre une diminution de notre attention.

Renforcement du système immunitaire : Les arbres émettent des phytoncides (des substances chimiques défensives). Respirer ces composés augmente la production et l’activité de nos cellules protectrices, dopant nos défenses naturelles.

Que des bénéfices sur le plan émotionnel et physique !

Comment le mettre en application ?

Je partage avec vous ma démarche simple à réaliser pas à pas (philisophie Kaizen) pour réaliser votre propre session de Shinrin-Yoku :

  1. Choisissez le bon lieu : Préférez une forêt, un bois ou un grand parc arboré calme et peu fréquenté. Et si vous n’avez pas le temps et que vous disposez d’un jardin arboré, celui-ci fera parfaitement l’affaire. Installé des abris à oiseaux, des fleurs et la magie fera le reste.
  2. Déconnectez-vous du monde virtuel : Mettez votre téléphone en mode avion ou laissez-le dans votre sac en mode discret.
  3. Marchez lentement et sans but : Marchez calement et faites des pauses régulièrement. Prenez le temps, asseyez-vous au pied d’un arbre ou face à la nature.
  4. Pratiquez l’ancrage et la respiration : Inspirez profondément par le nez en vous concentrant sur la sensation de l’air de la forêt.
  5. Invitez tous vos sens :
    • Fermez les yeux quelques instants pour affiner votre ouïe et votre odorat.
    • Touchez les éléments naturels autour de vous.
  6. Profitez de l’instant présent : Une immersion de 1 heure à 2 heures est vraiment l’idéal, mais lorsqu’on a pas forcément le temps, même 20 minutes suffisent pour observer des effets positifs et significatifs.

L’idéal est de pratiquer le Shinrin-Yoku deux à trois fois par semaine, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige. Alors pourquoi ne pas essayer ? A vos chaussures 😀

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